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Les obligations légales liées à l’enregistrement des réunions (présentielles et visioconférences) en entreprise en 2024

Les obligations légales liées à l’enregistrement des réunions (présentielles et visioconférences) en entreprise en 2024

Les obligations légales liées à l’enregistrement des réunions (présentielles et visioconférences) en entreprise en 2024

En 2024, l’enregistrement des réunions en entreprise – qu’il s’agisse de réunions présentielles, de visioconférences sur Zoom, Teams, Meet ou d’autres plateformes – est devenu une pratique courante. Les objectifs sont multiples : rédaction de comptes rendus précis, formation interne, traçabilité des décisions, preuve en cas de litige. Mais cette pratique, qui semble anodine, est strictement encadrée par le droit français et européen. Des règles relatives au respect de la vie privée, au droit à l’image, au secret des correspondances et à la protection des données personnelles (RGPD) s’appliquent de manière cumulative.

Ignorer ces obligations légales liées à l’enregistrement des réunions peut exposer l’entreprise, mais aussi ses dirigeants, à des risques importants : sanctions de la CNIL, contentieux prud’homal, actions pénales ou encore atteinte à la réputation. Comprendre le cadre juridique en 2024 est donc essentiel pour mettre en place une politique d’enregistrement des réunions conforme et sécurisée.

Enregistrement des réunions en entreprise : un traitement de données personnelles soumis au RGPD

Enregistrer une réunion, qu’elle soit en présentiel (audio, vidéo) ou en visioconférence, revient presque toujours à traiter des données personnelles. Les participants sont identifiables, par leur voix, leur image, parfois leur nom ou leur fonction. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la loi Informatique et Libertés s’appliquent donc de plein droit.

Pour qu’un enregistrement soit juridiquement licite en 2024, plusieurs conditions essentielles doivent être respectées :

En pratique, la plupart des entreprises se fondent sur l’intérêt légitime (par exemple, assurer un suivi des projets, conserver la preuve de décisions stratégiques) ou l’exécution du contrat de travail pour justifier certaines formes d’enregistrement. Dans certains cas, notamment en présence de données dites sensibles ou de salariés particulièrement exposés, le consentement explicite des participants peut être exigé ou fortement recommandé.

Obligation d’information préalable et transparence envers les participants

L’une des obligations légales majeures liées à l’enregistrement des réunions en entreprise en 2024 est l’information préalable. Aucun participant ne doit découvrir après coup qu’il a été filmé ou enregistré. Cette transparence n’est pas seulement une bonne pratique managériale ; c’est une obligation découlant du RGPD.

Avant le début de la réunion (présentielle ou en visioconférence), l’organisateur doit communiquer aux participants, de manière claire et compréhensible :

En visioconférence, cela suppose d’utiliser les fonctionnalités des plateformes : message d’avertissement automatique, icône d’enregistrement visible, mention explicite dans l’invitation à la réunion, puis rappel oral au démarrage. En présentiel, un affichage dans la salle, un message sur l’ordre du jour ou un rappel oral au début de la réunion sont recommandés.

Consentement, droit d’opposition et droit à l’image des participants

Une question fréquente en 2024 concerne l’obligation (ou non) de recueillir le consentement des salariés ou des participants externes avant tout enregistrement de réunion. En droit français et européen, le consentement n’est pas toujours la base légale la plus adaptée, notamment dans la relation de travail, où le lien de subordination peut remettre en cause sa « liberté ».

Dans de nombreux cas, l’entreprise peut se fonder sur son intérêt légitime, à condition de réaliser un test de mise en balance entre ses besoins et les droits des personnes. Cependant, plusieurs points exigent une vigilance accrue :

D’un point de vue pratique, de nombreuses entreprises mettent en place des formulaires de consentement ou des clauses spécifiques dans le règlement intérieur, la charte informatique ou la politique de protection des données, afin d’encadrer ces usages et d’apporter une preuve en cas de contrôle ou de litige.

Enregistrement des visioconférences : obligations spécifiques en 2024

Avec la généralisation du télétravail, l’enregistrement des visioconférences (Zoom, Microsoft Teams, Google Meet, Webex, etc.) s’est banalisé. Pourtant, ces outils soulèvent des enjeux juridiques particuliers, liés notamment à la localisation des serveurs, au transfert de données hors UE et à la sécurité des flux.

Les obligations légales incluent notamment :

Les entreprises doivent également être attentives au transfert de données vers des pays tiers, en particulier lorsqu’elles utilisent des solutions américaines. En 2024, ce point reste sensible, même avec le nouveau cadre de transfert UE–États-Unis, et nécessite une analyse juridique à jour, souvent en lien avec le DPO (délégué à la protection des données) et le service juridique.

Enregistrements de réunions et droit du travail : ce que les employeurs doivent savoir

Dans le cadre de la relation de travail, l’enregistrement des réunions influence fortement les droits des salariés. Le Code du travail, la jurisprudence prud’homale et le respect des libertés fondamentales imposent à l’employeur de manier cet outil avec prudence.

Plusieurs points sont à retenir pour une politique d’enregistrement conforme :

Les salariés ont également des droits spécifiques : droit d’accès à leurs données, droit de demander la suppression de certaines séquences lorsqu’il n’existe plus de justification légitime à leur conservation, droit de contester l’utilisation d’un enregistrement en cas de sanction.

Durées de conservation, sécurité et accès aux enregistrements de réunions

Une autre obligation légale essentielle en 2024 concerne la gestion de la durée de conservation des enregistrements. Le principe est simple : ne pas conserver plus longtemps que nécessaire au regard de la finalité poursuivie. En pratique, cela traduit la nécessité de définir des durées claires par type de réunion et par finalité.

Par exemple :

La sécurité des enregistrements est également un point clé du RGPD. L’entreprise doit mettre en place des mesures techniques et organisationnelles adaptées :

Les enregistrements ne devraient jamais être stockés de manière informelle sur des postes personnels non sécurisés ou dans des espaces partagés non contrôlés (clés USB, plateformes non conformes, etc.).

Bonnes pratiques pour une politique d’enregistrement des réunions conforme en 2024

Pour maîtriser les obligations légales liées à l’enregistrement des réunions en entreprise, il est recommandé d’adopter une approche structurée, combinant conformité juridique et pédagogie interne.

Parmi les bonnes pratiques à mettre en œuvre :

De nombreux outils et services juridiques, ainsi que des solutions logicielles spécialisées, peuvent accompagner les entreprises dans cette démarche : modèles de politiques internes, formulaires de consentement ou de droit d’opposition, plateformes sécurisées de stockage et de partage, solutions de transcription automatique respectueuses du RGPD, etc.

En 2024, l’enregistrement des réunions en entreprise n’est plus une exception mais une réalité quotidienne. Pour en tirer pleinement parti tout en protégeant les droits des personnes, il est indispensable de s’inscrire dans une démarche de conformité continue, en suivant l’évolution de la réglementation française et européenne, ainsi que des recommandations de la CNIL et des autorités de contrôle européennes.

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