Les obligations légales des entreprises face à la cybersécurité en 2024
Les obligations légales des entreprises face à la cybersécurité en 2024

Les obligations légales des entreprises face à la cybersécurité en 2024

Les responsabilités juridiques croissantes des entreprises en matière de cybersécurité

À l’ère du numérique, la cybersécurité est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises en France comme en Europe. En 2024, le cadre légal a encore évolué pour renforcer les obligations des entreprises face aux risques de cyberattaques, à la protection des données personnelles et à la sécurisation des systèmes d’information. Ces exigences légales ne concernent plus uniquement les grandes entreprises technologiques, mais impliquent désormais toutes les structures, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité.

Les législateurs, au niveau national et européen, imposent un ensemble de normes claires afin de responsabiliser les acteurs économiques. Le non-respect des obligations légales en matière de cybersécurité peut entraîner des sanctions financières significatives, voire des pertes de confiance irréversibles auprès des clients. Il devient donc indispensable pour les dirigeants d’entreprise, les responsables juridiques et les DSI de bien comprendre et de mettre en œuvre les réglementations en vigueur.

Le cadre juridique européen de la cybersécurité : directives NIS2 et Règlement DORA

Plusieurs textes européens constituent aujourd’hui le socle du droit de la cybersécurité applicable aux entreprises. En 2024, la directive NIS2 (Network and Information Security 2) est entrée en vigueur dans l’ensemble des pays de l’Union européenne. Cette directive remplace la première version de NIS adoptée en 2016 et élargit considérablement le champ des entités concernées.

Elle impose notamment :

  • la mise en place de politiques internes de gestion des risques en cybersécurité,
  • la désignation d’un responsable de la sécurité des systèmes d’information,
  • la déclaration obligatoire des incidents graves de cybersécurité dans un délai de 24 heures,
  • l’évaluation régulière de la sécurité des fournisseurs et sous-traitants,
  • le respect de normes techniques précises, comme le chiffrement des données sensibles.

Le Règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), quant à lui, s’adresse spécifiquement aux entités du secteur financier. Il vise à garantir la résilience opérationnelle numérique dans le secteur bancaire, assurantiel et des crypto-actifs. Ce règlement impose de nouvelles exigences concernant la continuité des services numériques, les audits de cybersécurité et la gestion des prestataires informatiques tiers.

Les obligations en droit français : RGPD, Code de la consommation et Code du travail

En France, plusieurs textes de loi imposent aux entreprises de sécuriser les données personnelles et les systèmes d’information. Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), applicable depuis 2018, reste la pierre angulaire de la conformité à la cybersécurité dans le traitement des données personnelles.

Le RGPD exige que les entreprises :

  • mettent en œuvre des mesures de sécurité adaptées au risque (ex. : pseudonymisation, chiffrement),
  • documentent les violations de données personnelles et notifient la CNIL et les personnes concernées en cas d’incident,
  • réalisent régulièrement des analyses d’impact sur la vie privée (AIPD),
  • forment les salariés à la protection des données et à la cybersécurité.

Par ailleurs, le Code de la consommation et le Code du commerce peuvent être mobilisés en cas de pratiques commerciales trompeuses si une entreprise ne respecte pas ses engagements en matière de sécurité informatique. Les obligations en matière de protection des données s’étendent également à la relation employeur-employé via le Code du travail, qui impose la sécurité numérique des informations liées au personnel.

Les sanctions en cas de non-conformité aux obligations en cybersécurité

Le renforcement du cadre juridique a pour corollaire une augmentation des sanctions encourues en cas de défaut de sécurité. Les autorités compétentes, telles que la CNIL ou l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), disposent de pouvoirs accrus pour sanctionner les manquements aux obligations légales.

Parmi les sanctions potentielles :

  • des amendes administratives pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial pour une violation du RGPD,
  • des sanctions civiles pour manquement à l’obligation de sécurité, notamment en cas de préjudice subi par un client ou un salarié,
  • la responsabilité pénale des dirigeants peut également être engagée en cas de négligence grave entraînant une atteinte à des données protégées.

Les juridictions françaises ont déjà sanctionné plusieurs entreprises pour défaut de sécurité informatique, y compris en l’absence de fuite de données, lorsque des mesures de base n’avaient pas été prises pour protéger les systèmes informatiques.

Les bonnes pratiques pour assurer la conformité en matière de cybersécurité

Se conformer aux obligations légales en matière de sécurité informatique implique une démarche proactive et transversale. Les entreprises doivent mettre en œuvre une stratégie globale de gestion des risques cyber intégrant à la fois les aspects techniques, humains et organisationnels.

Voici quelques recommandations essentielles :

  • Effectuer un audit de sécurité régulier des systèmes d’information,
  • Mettre à jour les politiques internes de cybersécurité et les plans de réponse aux incidents,
  • Former l’ensemble du personnel aux bonnes pratiques numériques (phishing, mots de passe, navigation sécurisée),
  • S’assurer de la conformité des sous-traitants et partenaires à travers des clauses contractuelles précises,
  • Nommer un DPO (délégué à la protection des données) et un RSSI (Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information),
  • Investir dans des solutions de sécurité certifiées : pare-feu, antivirus, EDR, chiffrement, sauvegardes externalisées.

Une opportunité stratégique pour les entreprises responsables

Si les obligations légales en cybersécurité peuvent sembler contraignantes au premier abord, elles représentent également une opportunité stratégique. En renforçant leur résilience numérique, les entreprises améliorent non seulement leur conformité réglementaire mais aussi la confiance de leurs partenaires, clients et investisseurs.

Les cyberattaques sont devenues une réalité quotidienne, avec un impact financier et réputationnel croissant. En 2024, être en conformité avec les règles en vigueur n’est plus une option, mais une nécessité inscrite au cœur de la gouvernance d’entreprise. C’est également un facteur stratégique de performance sur les marchés européens et internationaux, où la cybersécurité fait désormais partie intégrante des critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance).

Des prestataires spécialisés, des outils de gestion de la conformité et des formations en cybersécurité permettent aujourd’hui aux entreprises de toutes tailles de répondre à ces exigences de manière efficace et scalable. Envisager la cybersécurité sous l’angle juridique, organisationnel et technique constitue donc un avantage compétitif durable dans un environnement numérique en constante mutation.